BIOGRAPHIE DE JEAN MARZELLE

Les débuts de Jean Marzelle

Jean Marzelle naît le 24 janvier 1916 à Lauzun (Lot-et-Garonne), benjamin d'une famille de trois enfants. Très tôt, le jeune garçon se passionne pour le dessin et la peinture qu'il découvre au musée Fabre de Montpellier. Lycéen, il commence alors son apprentissage plastique par la copie des maîtres exposés au musée (Ingres, Eugène Delacroix, Gustave Courbet ou encore l'impressionniste Frédéric Bazille).

Son désir de consacrer sa vie à la peinture se formule et entre en 1934 à l'école des beaux-arts de Montpellier où il rejoint la classe de dessin de Monsieur Descossy. Ses premières œuvres peintes sont réalisées sur le motif dans les environs de Montpellier. Cette année-là, il rejoint la Société des Peintres de l'Hérault en tant qu'exposant.

L'année suivante, Marzelle s'installe à Paris, rue Mouffetard, dans un atelier qu'il partage avec des amis. Inscrit à l'école des beaux-arts de Paris, il est admis au concours d'entrée des "galeries" et copie les sculptures antiques. La fréquentation assidue du Louvre complète sa formation et ses connaissances.

En 1936, la visite de l'exposition Cézanne au musée de l'Orangerie est un choc. Il confie à un ami : "Maintenant, j'ai compris ce qu'est la véritable peinture". Tout en continuant la copie des maîtres, Marzelle, fréquente les galeries d'art, s'intéresse à Picasso, Marquet, Signac, Rouault. 

Années 40

La guerre ayant éclaté, il retourne à Lauzun en 1940 avant de retourner l'année suivante dans son atelier de la rue de Verneuil, qu'il retrouve pillé.

En 1942, débute son amitié avec François Desnoyer à qui il montre son travail et qui l'encourage à poursuivre ses recherches. Ce dernier l'engage pour le seconder à la réalisation d'une grande décoration pour la mairie de Cachan, Un Dimanche dans la banlieue parisienne, réalisée avec Fougeron, Merle et Vaffier.

Le 17 octobre 1942, Jean Marzelle épouse Hélène Chatel qui lui donnera une fille Catherine (née en 1945) et un fils François (né en 1951).

Grâce à Jean Cluseau-Lanove, il enseigne désormais l'histoire de l'art et la décoration au Centre professionnel de l'Ecole Estienne. Desnoyer l'invite à participer à "Maîtres et Jeunes" à la galerie Berri-Raspail et il participe pour la première fois au Salon d'Automne. Son envoi est remarqué par Gaston Diehl.

Dès 1943, la galerie Pittoresque, tenue par Simone Camin (future madame André Lhote) lui organise sa première exposition personnelle.

1945 : la galerie Denise René l'invite avec Burtin, Dayez et Eskenazi à exposer dans "Histoire d'un tableau"; il reçoit le Prix Bernheim au Salon d'Automne et première participation au Salon de Mai, auquel il participera jusqu'en 1978.

En 1949, Marzelle s'installe dans la propriété de la "Grande Thumine" dans la région d'Aix-en-Provence.

 

Années 50

Jean Marzelle découvre l'Espagne en 1952 (Madrid, Ségovie, Avila et Tolède) et poursuit son travail de copie des maîtres au Prado. Dès l'année suivante, la galerie Marcel Guiot expose ses œuvres réalisées en Espagne et en Provence; le critique Jean Bouret écrit la préface.

En 1953, lors de sa première participation à la Biennale de Menton, il reçoit un prix (il y prendra part jusqu'en 1957).

A partir de 1955, il expose au salon Comparaisons (jusqu'en 1986) et au Salon des Peintres Témoins de leur temps (participe en 1956 et 1976). En octobre 1955, la galerie Moderne de New York l'inclut dans une exposition d'artistes français "Paris revisited". Cette même année, il expose son Homme devant Tolède à la galerie Charpentier.

Première exposition à la galerie Suillerot en 1956 et participation à une exposition d'art contemporain à Mexico.

En 1957, la galerie Saint-Placide lui décerne le Prix de la Critique. Parmi les premiers lauréats, l'on trouve Bernard Buffet et Bernard Lorjou ex-aequo (1948), André Minaux (1949), Jean Couty (1950)... Découverte de la Toscane en 1957 et participation à l'exposition "Ecole de Paris 1957", organisée par la galerie Charpentier.

Première exposition à la galerie Suillerot en 1956 et participation à une exposition d'art contemporain à Mexico.

En 1957, la galerie Saint-Placide lui décerne le Prix de la Critique. Parmi les premiers lauréats, l'on trouve Bernard Buffet et Bernard Lorjou ex-aequo (1948), André Minaux (1949), Jean Couty (1950)... Découverte de la Toscane en 1957 et participation à l'exposition "Ecole de Paris 1957", organisée par la galerie Charpentier.

L'année suivante, il expose en groupe à la galerie Colline de Robert Martin à Oran et est promu Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres en avril.

En 1958, le musée de l'Athénée de Genève présente une quarantaine de toiles de Marzelle, une préface de Jean-Albert Cartier accompagne l'exposition.

1959 : Marzelle quitte son atelier parisien de la rue des Plantes pour Gentilly et présente "Dix-neuf études d'après les maîtres" à la galerie Camille Renault. 

Années 60

Sur les conseils de son ami marchand Marcel Guiot, Jean Marzelle découvre en 1960 la Hollande et le port de Hoorn, sujets dès lors de nombreuses œuvres.

Il expose l'année suivante à l'Institut Néerlandais de Paris, "Peintres Français en Hollande".

La galerie Marcel Guiot l'expose une nouvelle fois. Les Lettres Françaises saluent son affranchissement de l'héritage cézannien et parlent d'une "liberté et fraîcheur très séduisantes".  

En 1962, invité par Jules Cavaillès, il expose au Salon des Tuileries puis à Rabat à l'exposition "Peintres contemporains de l'Ecole de Paris".

En 1964, il illustre les Lettres à un ami de Paul Verlaine publiées sous le titre Quinze jours en Hollande. Chaque lettre est illustrée d'une aquatinte en couleur, gravée sur cuivre par Marzelle. Il réalise aussi une suite de cinq vitraux pour la chapelle du Moulin de Vauboyen (Essonne). Cette année-là, il fait un premier séjour à Venise.

1965 : il présente son travail des trois dernières années à la galerie Marcel Guiot. Dans une critique, René Barotte parle de Marzelle comme le "maître du bleu". Il continue de participer au jury du Prix du Dôme (fondé par Juliette Delpuech).

En 1966, la galerie Marcos Castillos à Caracas présente Marzelle, comme un représentant de l'Ecole de Paris ainsi que la galerie Milloud de Houston en 1969. Participation en 1966 à la Biennale de Puteaux.

Deuxième séjour à Venise en 1969.

Années 70

Marzelle devient le premier lauréat du Prix international du portrait fondé par Paul-Louis Weiller.

Pour le collège de Bihorel-les-Rouen, il réalise la fresque La Seine, et pour le C.E.S de Villeurbanne, une mosaïque, Le Cheval de Troie.

Premier voyage en Guadeloupe en 1974 pour la réalisation d'une mosaïque destinée au groupement scolaire de Raizet aux Abymes.

Il réalise sur place de nombreux croquis, de dessins et d'œuvres sur papier qui seront exposés chez Guiot l'année suivante.

En 1976, il reçoit la commande d'une mosaïque pour le Centre des Impôts du 17ème arrondissement de Paris et se rend à Pointe-à-Pitre en 1977 pour la réalisation d'une mosaïque au lycée de Baimbridge.

Nouvelle commande publique en 1978 par la ville de Gentilly qui le sollicite pour le portrait en mosaïque de Victor Hugo destiné à la façade de l'établissement scolaire Victor-Hugo.

Plusieurs expositions personnelles à l'étranger lui rendent hommage : Vasastadens Konstalong à Göteborg en 1973, 1975 et 1977; galerie Saint-Michel à Luxembourg en 1974; galerie Marcos Castillos à Caracas en 1976 et galerie Lutetia à Königstein en 1978.

Enfin, La galerie de la Présidence lui organise en 1978 une importante exposition personnelle.

Années 80

En 1982, la galerie Jean-Pierre Joubert inaugure ses cimaises avec une exposition personnelle de Marzelle; début d'une longue collaboration. Bernard Dorival écrit la préface du catalogue.

Au printemps, Marzelle retourne en Italie (Volterra, Assise, San Gimignano, Gubbio, Arezzo) et admire les fresques de Piero della Francesca et la Déposition de Croix du Rosso.

L'année suivante, découverte de Rome et de ses trésors (stanzi de Raphaël au Vatican).

1984 : voyage en URSS avec ses élèves de l'Académie de Port-Royal. La découverte de Moscou, Léningrad et du musée de l'Ermitage le marque profondément.

En 1985, deux expositions de groupe aux Etats-Unis, à Cleveland "L'Ecole de Puteaux" et à Fresno "Marzelle. Mouly. Ravel".

1986 : deuxième exposition personnelle à la Galerie Joubert. Elle présente un ensemble de trente-cinq œuvres sur des thèmes chers à l'artiste (Hollande, Provence, Tolède, La Rochelle...).

Entre 1983 et 1985, Marzelle fait partie du Groupe 109. De 1988 à 1995, il participe au Salon du Dessin et de la Peinture à l'eau.

Troisième séjour à Venise en 1989. 

Années 90

Nouveau voyage en Hollande en 1990 et rétrospective de son œuvre à la galerie Chardin "50 ans de peinture". La même année, une nouvelle exposition personnelle a lieu à la galerie Joubert.

Il expose en 1991 à la galerie Eliane Poggi à Grenoble. Publication en 1992 de sa monographie écrite par Jean-Louis Bruch aux Editions Jean-Pierre Joubert, collection Terre des Arts. Participation au Salon d'Angers en 1992 et 1997.

Le château de la Bertrandrière à L'Etrat (Loire) organise en 1995 une importante exposition personnelle en ses murs. En 1992 et 1997, la galerie des Arts à Nîmes lui consacre ses cimaises.  

Années 2000

Jean Marzelle décède le 11 août 2005.

L'année suivante, la mairie de Gentilly lui rend hommage.

En 2007, le musée d'art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand présente "Années 50, l'alternative figurative" dans laquelle figure Marzelle.

En 2008, la galerie Bernheim-Jeune et la galerie Joubert exposent conjointement les œuvres de Marzelle (huiles et œuvres sur papier).

Enfin en 2013, la mairie du 6ème arrondissement de Paris organise une exposition rétrospective de l'artiste.